La presse en parle

Article de Katia Soave,  photo de Lucie Touchaud
paru dans le magazine "Nous Deux" N°3093 du 10/10/2006

 

J’ai créé mon Ecole du chat »

Chats en détresse ? Pas de panique, Véronique a ouvert une Ecole du chat ! À 52 ans, cette femme déterminée s’est donnée pour mission de sauver tous les chats errants et abandonnés de sa ville. Une tâche laborieuse qu’elle assume avec passion et amour.

Nous Deux : Qu’est-ce qui vous a poussé à monter votre Ecole du chat ?

Véronique C.  Les chats de mon quartier me serraient le cœur. Ils étaient malades, maigres et quémandaient sans cesse de la nourriture. Certains finissaient écrasés sur la chaussée. C’était il y a six ans environ. J’ai commencé à les nourrir dans un parc près de chez moi, puis, peu à peu, je les ai tous fait stériliser et tatouer. Les animaux me font craquer et je ne supporte pas la misère animale. En tant qu’être humain, je me sens responsable d’une vie, quelle qu’elle soit.

Nous Deux : A quoi sert votre Ecole ? Quelle est votre action sur le terrain ?

Véronique C. J’ai créé l’Ecole du Chat d’Issy-Les-Moulineaux il y a quatre ans afin de m’occuper d’eux légalement. En principe, il est interdit de donner à manger aux chats errants. Seules les associations sont autorisées à le faire. Depuis la création de l’Ecole, le conseil municipal m’accorde 150 euros par an ainsi que quelques places gratuites de stérilisation chez les vétérinaires de la ville. Malheureusement ce n’est pas suffisant. Je m’occupe désormais d’une centaine de chats éparpillés sur toute la commune et je suis obligée de faire appel à la générosité des gens. Sur le terrain, ma mission consiste à capturer les chats pour les stériliser, les tatouer et les remettre en liberté. La stérilisation est la mission principale de l’Ecole afin d’éviter leur prolifération. On ne se rend pas compte, mais un chat non opéré peut engendrer une population incontrôlable d’animaux malades souffrant de faim et de mauvais traitements. Une fois stérilisés, les chats les plus sauvages sont remis sur le terrain, nourris tous les jours et soignés s’il le faut. Ils sont également tatoués pour éviter de les retrouver en fourrière ou pris au piège dans des trafics d’animaux. Les chatons et les chats les plus dociles sont socialisés et mis à l’adoption. L’association passe alors des contrats d’adoption suivis sur le long terme avec les nouveaux propriétaires pour prévenir de nouveaux abandons. 

Nous Deux : Quelle est votre journée type ?

Véronique C.  Je me lève tous les jours à 5h30 pour nourrir une partie de mes chats. À 9 heures, je me rends à mon travail. Je suis chargée de communication et j’ai des horaires de bureau classiques. Je sors vers 18h et je prends alors ma voiture pour donner à manger aux autres chats. Evidement, je suis rarement couchée avant minuit. En plus des tournées, je dois gérer le fonctionnement administratif de l’association, la collecte de la nourriture, des soins chez le vétérinaire, des adoptions et malheureusement, des abandons. Dans le meilleur des cas, on m’appelle pour que je vienne prendre l’animal. Dans le pire, je les récupère dans la rue, maigres, malades, quelques fois maltraités. 

Nous Deux : Quelle influence a l’association sur votre vie privée ?

Véronique C.  Forcément, ma vie personnelle s’en ressent. Mais j’ai le soutien inconditionnel de mon conjoint. J’ai 52 ans et je vis avec lui depuis 25 ans. Il me laisse une grande liberté. Je suis un peu comme les chats à cet égard. C’est lui qui m’a transmis la passion des petits félins. Aujourd’hui, l’élève dépasse le maître ! Il est vrai que l’Ecole accapare tout mon temps et j’ai rayé le mot vacances de mon vocabulaire. Mais je ne suis pas malheureuse pour autant. J’ai pris la décision de m’occuper de ces chats et de le faire bien, même si ma vétérinaire, le Dr Maillard, me dit que j’en fais toujours trop ! D’un autre côté, je me suis liée d’amitié avec des bénévoles qui me donnent un sérieux coup de main et me fournissent, quand ils le peuvent, des boîtes et des croquettes.  

 Nous Deux : De quoi avez-vous le plus besoin ?

Véronique C. De nourriture, d’un local pour les soins et les convalescences post-opératoires, de familles d’accueil, de médicaments, de couvertures pour l’hiver, de bénévoles, d’un bon bricoleur et d’un jardinier de temps en temps. L’Ecole a également besoin d’argent sous forme d’adhésions ou de dons spontanés pour faire vivre Ghost, Félix, Maya, Winnie, Tara, Victor ou Hugo ainsi que tous leurs petits copains qui consomment plus de 30 kg de croquettes par mois !